Le premier jour à Athènes, la question tombe toujours au même moment : au dîner, quand le petit dernier renverse son verre d'eau et que le serveur sourit en nettoyant. « Et vous comptez vraiment embarquer sur un bateau avec eux ? » Trois enfants, un de quatre ans et demi, un de sept, l'aînée de dix. Nous revenions d'une journée où mon fils avait pleuré pendant vingt minutes parce que sa glace fondait trop vite. L'idée d'enfermer ce petit monde sur un ponton flottant au milieu de la mer Égée m'a traversé l'esprit comme une mauvaise blague.
Et pourtant, on l'a fait. Plusieurs fois. Pas en croisière de sept jours avec cabines et buffet, non : en excursion à la journée, sur des bateaux qui partent le matin et rentrent au port avant que la fatigue ne transforme la sortie en prise d'otages. Je vais vous raconter ce que j'ai appris, y compris ce qui a raté.
Points clés à retenir
- Une excursion à la journée convient mieux aux enfants de moins de huit ans qu'une croisière avec nuitées : moins de fatigue, plus de baignades, un retour au port le soir.
- Le mal de mer touche surtout les plus jeunes sur les trajets de liaison, pas pendant les mouillages. Demandez la route avant de réserver.
- Les gilets enfants existent presque partout, mais pas toujours en taille bébé : précisez l'âge et le poids à la réservation.
- Un catamaran à moteur ou un bateau à coque large bouge bien moins qu'un voilier de course, ce qui change tout avec un enfant sujet au vertige.
- Les excursions famille coûtent souvent entre 60 et 120 € par adulte, avec des tarifs réduits pour les moins de douze ans — vérifiez ce qui est réellement inclus (repas, boissons, matériel de snorkeling).
Excursion en bateau avec enfants en Grèce : choisir le bon format avant tout le reste
La première erreur que j'ai commise, c'était de comparer les prix sans regarder la durée. Une sortie de dix heures sur un voilier, c'est magnifique en photo. Avec un enfant de quatre ans, c'est une journée dont les six dernières heures se passent à négocier.
Journée simple ou plusieurs jours : quel format pour quel âge ?
Mon classement, franchement tranché : en dessous de huit ans, restez sur la journée. Entre huit et douze, une nuit à bord peut se tenter si le bateau a des cabines correctes et que l'enfant a déjà dormi ailleurs qu'à la maison sans catastrophe. Au-delà, la croisière de quelques jours dans les Cyclades devient jouable, à condition de ne pas empiler trois îles par jour.
Le problème des croisières multi-jours, c'est le rythme. On part tôt, on navigue deux ou trois heures, on mouille, on repart. Un enfant supporte bien une traversée courte. Trois par jour, c'est autre chose. J'ai vu des familles descendre à Santorin épuisées, photographier le coucher de soleil parce qu'il fallait le faire, et repartir sans avoir profité de quoi que ce soit.
Petit bateau ou navire de cent passagers ?
Il y a deux écoles. Le petit bateau (huit à vingt personnes, souvent un catamaran ou une goélette) offre de la place pour s'allonger, des mouillages dans des criques où les gros navires ne passent pas, et un skipper qui répond quand on l'appelle. Le revers : moins de stabilité réglementaire, pas d'infirmerie, et parfois des toilettes qu'il faut accepter telles qu'elles sont.
Le navire de cent passagers, lui, rassure : il bouge peu, il a des rambardes partout, un pont abrité, un bar. Mais on est cent. Pour un enfant qui a besoin de courir, c'est mieux que pour un enfant qui a besoin d'attention.
| Critère | Petit bateau (moins de 20 pers.) | Navire de 100 passagers |
|---|---|---|
| Confort par gros temps | Variable, dépend du bateau | Meilleur, coque plus lourde |
| Baignades | Criques isolées, souvent 2 à 3 arrêts | Plages accessibles, arrêts plus courts |
| Gilets enfants | À demander explicitement | Généralement en stock |
| Toilettes | Une, parfois deux, compactes | Plusieurs, avec espace pour changer un bébé |
| Prix indicatif adulte | 80 à 150 € la journée | 50 à 90 € la journée |
Mon choix, et je l'assume : le petit bateau, dès que les enfants savent nager un minimum. La différence d'expérience est énorme. La crique vide où l'on jette l'ancre à quinze, c'est ce que les enfants racontent encore deux ans après.
Sécurité, gilets, mal de mer : ce qu'il faut vérifier avant de payer
Avant de réserver, j'envoie toujours le même message. Court, un peu sec, mais il m'a évité deux mauvaises surprises.
Les gilets de sauvetage enfants sont-ils toujours à bord ?
Presque toujours, oui. En taille enfant, à partir de six ou sept ans, comptez sur du stock standard. En taille bébé, en revanche, c'est plus aléatoire : certains bateaux n'en ont pas, ou une seule taille unique qui flotte mal. Quand mon deuxième avait trois ans, un skipper m'a tendu un gilet de la taille au-dessus en me disant « ça ira ». Ça n'allait pas.
La règle que je me suis fixée : donner l'âge et le poids exacts des enfants au moment de la réservation, et demander confirmation écrite que les gilets correspondants sont à bord. Un loueur sérieux répond sans hésiter. Celui qui botte en touche, vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Que faire en cas de mal de mer chez un jeune enfant ?
Le mal de mer frappe rarement pendant les baignades. Il frappe pendant les trajets de liaison, quand le bateau prend le large et que la houle s'installe. Trois choses m'ont servi :
- Choisir un itinéraire avec des traversées courtes (moins d'une heure trente entre deux mouillages).
- Installer l'enfant à l'arrière ou au centre du bateau, jamais à l'avant, et lui faire regarder l'horizon plutôt que l'eau tout près.
- Prévoir un en-cas sec et de l'eau, et éviter les repas lourds avant l'embarquement.
Pour les médicaments, je ne suis pas médecin et je ne donnerai aucune posologie. Ce que je sais : les traitements classiques ne sont pas tous adaptés aux jeunes enfants, il faut en parler à un pharmacien ou à un pédiatre avant le départ, en Grèce comme en France. Nous avions pris cette précaution pour l'aînée, jamais utilisée, mais elle nous a rassurés.
Confort réel avec un bébé ou un tout-petit
Si vous partez avec un nourrisson, sachez-le tout de suite : l'excursion en bateau n'est pas interdite, mais elle demande de renoncer à pas mal de confort. Voici ce qui compte vraiment, au-delà des photos de ponton ensoleillé.
- L'ombre. Un bimini (ce toit tendu au-dessus du cockpit) est indispensable. Sans lui, un enfant de moins de deux ans ne tient pas une journée entière au soleil grec.
- L'accès poussette. Sur un voilier, oubliez. Sur un catamaran à moteur avec passerelle large, c'est jouable, mais il faudra la laisser à quai la plupart du temps.
- Une table à langer. Rarement à bord. Un matelas de change plié dans un sac étanche fait le travail.
- De l'eau chaude. Pour les biberons et les changes, c'est un détail qui change une journée. Demandez si le bateau a une bouilloire ou un chauffe-eau.
Le siège auto, en revanche, n'existe pas à bord. Inutile de le demander. C'est le giron ou rien.
Quel itinéraire et quelle durée pour ne pas gâcher la journée ?
La bonne journée d'excursion, celle que je referais sans hésiter, ressemble à ça : départ vers neuf heures, une heure de navigation maximum, un premier mouillage pour la baignade et le snorkeling, un déjeuner à bord, un deuxième arrêt plus calme, retour au port vers seize heures. Six à sept heures, pas dix.
Quelles îles choisir au départ d'Athènes ?
Le golfe Saronique est le terrain de jeu le plus simple avec des enfants. Les distances sont courtes, la mer souvent plate le matin, et l'on peut mouiller près d'îles comme Égine ou Agistri sans passer trois heures à naviguer. Les Cyclades, elles, demandent des traversées plus longues : superbes, mais à réserver aux familles dont les enfants ont déjà le pied marin.
Ce que je déconseille : les excursions « trois îles en une journée ». Sur le papier, c'est tentant. En pratique, on passe la moitié du temps à transborder et l'autre à regarder sa montre.
Budget et réservation : les pièges qui coûtent cher
Le prix affiché n'est presque jamais le prix final. J'ai vu des offres à 55 € par adulte qui grimpaient à 95 € une fois ajoutés les transferts depuis l'hôtel, les boissons et la location du matériel de snorkeling. Avec trois enfants, la facture double vite.
Ce qu'il faut demander avant de valider :
- Le repas est-il inclus, et y a-t-il un menu enfant ?
- Les boissons (eau, sodas, jus) sont-elles comprises ?
- Le matériel de snorkeling est-il fourni en taille enfant ?
- Les transferts depuis le port ou l'hôtel sont-ils facturés en supplément ?
- Quelle est la politique d'annulation en cas de météo mauvaise ?
Un opérateur sérieux répond à ces cinq questions en une seule fois. S'il faut relancer trois fois, ça ne sent pas bon. Je l'ai appris à mes dépens : une sortie annulée pour vent fort, remboursée au bout de six semaines et deux relances. Depuis, je privilégie les opérateurs qui affichent clairement leur politique.
Dernier détail, souvent oublié : les tarifs enfants. Beaucoup de compagnies appliquent une réduction pour les moins de douze ans, parfois gratuits en dessous de quatre ou cinq ans. Précisez l'âge au moment de la réservation, sans arrondir à la baisse. Ce n'est pas une question de mauvaise foi, c'est une question de gilets et de repas à bord.
Ce que j'ai fini par comprendre
La première fois, j'ai voulu en faire trop. Trop d'arrêts, trop de kilomètres, une journée de dix heures et trois enfants à bout. La deuxième fois, j'ai tout simplifié : un bateau plus petit, un itinéraire plus court, une seule vraie baignade. Et là, quelque chose a basculé. Ma fille de sept ans a passé une heure à suivre un poisson de roche avec un masque trop grand pour elle. Nous n'avons rien vu d'extraordinaire ce jour-là. Juste une crique, une eau claire, et personne qui pleure.
Une excursion en bateau avec des enfants en Grèce, au fond, ça ne se mesure pas en îles visitées. Ça se mesure au nombre de fois où vous avez pu vous asseoir sans qu'on vous appelle. Si vous retenez une chose de cet article, que ce soit celle-là : moins de programme, plus de mouillage. Le reste, la mer s'en occupe.